Mardi 8 décembre 2 08 /12 /Déc 12:58


Parler de Ma Campagne avec ses voisins d'immeuble, c'est comme parler de politique pendant un repas de famille: la discussion s'enflamme immédiatement entre des personnes qui s'aiment autant qu'elles s'engueulent.

 

 

 

 

 

 

 





Le débat a été animé jeudi soir à Ma Campagne après la diffusion du film sur «ceux qui sont restés» dans le quartier pendant les travaux de l'Oru (photos de Marc Balutaud).

 

Parce que Ma Campagne, c'est plus que leur vie, c'est leur identité. Le quartier est leur enfant non désiré. Au départ, ils n'ont pas d'autre choix que de cohabiter, et d'entretenir des relations difficiles. Mais ils finissent par s'y attacher. Et l'aimer malgré tout. Avec autant de façons différentes qu'il y a d'habitants, de cultures. D'ethnies, aussi. «Ce quartier s'est construit grâce à sa solidarité», lance Bernadette pour tenter de calmer les débats.

 

Parce qu'après la diffusion de «Ceux qui sont restés», le documentaire de Nicolas Habas sur les conséquences de l'Oru (Opération de renouvellement urbain) donnant la parole à des anciens du quartier, la passion s'est invitée dans l'assemblée. Deux ans après le tournage, chacun est toujours à fleur de peau. Un mot du documentaire pris de travers par Aïssa sur le fait qu'il n'y ait «pas un chat» en bas de son nouveau logement, et Micheline est taxée implicitement de racisme. «Dis-le, ce que tu voulais dire en parlant de chat!»

 

Micheline, qui est arrivée au «40» en 1976, tente de s'expliquer, mais une réaction fuse dans l'assemblée. «On est en train de parler du racisme, et pas du quartier.» Ce racisme ressenti ou réel, mais toujours très prégnant. Pendant de longues minutes, le réalisateur, lui aussi pris à partie pour ses choix de témoignages, tente avec difficulté de s'expliquer. Avant que l'intervention d'une jeune fille sur les fameux «chats» ne balaie le quiproquo.

 

«Moi, j'ai compris que Micheline était contente de promener sa chienne en bas de son nouveau logement, mais qu'en même temps, elle se sentait plus isolée qu'avant.» Nicolas Habas rebondit: «Voilà, c'est ça que Micheline exprimait: les gens qu'elle craignait de croiser en bas de chez elle lui manquent aujourd'hui !». Applaudissements. Ils se sont enfin compris. Autour d'un verre de l'amitié, le dialogue peut se poursuivre. Comme dans une famille où on se connaît peu, et que l'Oru a éloignée. Mais qui est contente de partager ses souvenirs même douloureux.


Auteur : Maurice Bontinck (Charente Libre du 21/11/09)


Pour voir plus de photos de l'avant première, cliquez sur l'album "Marc Balutaud" dans la colonne de droite.


Par Enache
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Mardi 8 décembre 2 08 /12 /Déc 12:24


MA CAMPAGNE. Demain soir sera diffusé le deuxième volet du film « La parole en chantier » réalisé par Nicolas Habas pendant l'ORU.


 Ils s'expriment sur fond noir, un éclairage visiblement travaillé ajoute à l'atmosphère intimiste, presque recueillie de l'instant.

 

Michèle s'exprime, se raconte. Raconte comment elle a vécu l'ORU, l'Opération de renouvellement urbain de son quartier de Ma Campagne.

Un quartier angoumoisin qu'elle habite depuis le début des années 70. « On a vu les échafaudages installés pour construire les immeubles au début. Maintenant, on en voit d'autres pour les démolir ! »

Nicolas Habas, Claude Rapp et Jean-Claude Ménard.

(photo de Tadeusz Kluba)


Le traumatisme n'est pas encore palpable. Petit à petit, Michèle se met à l'aise, se livre. Raconte les événements comme cette journée où on lui a dit qu'elle allait partir, devoir faire ses cartons, investir un nouveau lieu qu'elle n'a visiblement pas choisi. Un lieu de l'autre côté du pont du Vercors qui est évoqué comme une vraie frontière. « Mais on a continué à me voir dans le quartier, au centre social. Quand on ne m'y verra plus, il faudra s'inquiéter. »

 

La démolition des 850 :

 

Pour être déplacée, Michèle a fait ses cartons, remué ses affaires, découvert des trésors oubliés. Le passé lui est revenu en pleine figure comme un boomerang. Elle le dit sans élever le ton, sans en changer même. Juste avec son coeur. Elle laisse entrevoir une souffrance certaine.

 

C'est ce que Nicolas Habas a voulu saisir dans le deuxième volet de « La parole en chantier », un film réalisé pendant la démolition des 850. Il a laissé la cabane de chantier qui était allée, dans la première phase de tournage, à la rencontre des habitants concernés par l'ORU. Là, il a préféré l'intimité du centre social. Il a laissé l'entière parole et le silence aussi aux habitants qui sont restés dans le quartier pendant ces travaux. Cent quarante personnes s'étaient exprimées dans la première partie, 30 à 40 sont venues cette fois pour livrer autant de témoignages souvent poignants.

 

« Pendant l'ORU, on appuie là où ça fait mal », commente le réalisateur. Avec Jean-Claude Ménard et toute l'équipe du centre social, ils ont essayé d'accompagner au mieux ce bouleversement urbain en permettant, justement, aux habitants de s'exprimer.

 

Ce deuxième volet sera diffusé à la MJC Louis-Aragon ce jeudi à 19 heures. Restera, pour boucler la boucle, à réaliser le troisième, l'après ORU.

 

Auteur : Catherine Dowmont ( Sud Ouest du 18/11/09)


 

Par Enache
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Lundi 30 novembre 1 30 /11 /Nov 00:55

Le 14 novembre 2009, au Ciné Duchère (Lyon 9°), avait lieu la toute première projection publique de Ceux qui sont restés, en présence de l'auteur.

A cette occasion, Louis Leveque (adjoint au maire de Lyon en charge de la politique de la ville, de l'habitat et du logement), Abel Gago (adjoint à la culture du 9°), Bruno Couturier et Christophe Mérigot (GPV Lyon Duchère), Armelle Sèvre (présidente de Robins des villes), Bianca Botea (sociologue), Arthur Novat (administrateur d'Habicoop), Mireille Demelin (Habitat Coopératif Duchère), Anne Françoise Gay (Réseau Habitat Groupé du Sud Est) et Marie Gross (administratrice des WOMPS) ont gratifiés de leur présence un public venu nombreux.

Pour vous faire une idée de l'ambiance du débat, visionnez ci-dessous le montage qui a été fait à partir des images prises par Jonas Marpot ce soir là. Vous pourrez aussi découvrir les photographies de Fabrice Lang, en regardant l'album débats.






Par Enache
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Jeudi 12 novembre 4 12 /11 /Nov 01:01

Les habitants de l’Îlot Jean Moulin à Angoulême racontent la déconstruction et la réhabilitation de leur quartier, deux ans après le début des travaux.

 

Ceux qui sont restés est le deuxième volet de la trilogie « La parole en chantier », une série documentaire qui suit le parcours des habitants de Ma Campagne à Angoulême, un quartier en pleine réhabilitation urbaine.


En attendant de voir Ceux qui sont restés, visionnez le film annonce ci-dessous :

   

 

Si votre navigateur Internet ne vous permet pas de regarder le film annonce en haute définition, cliquez sur l'affiche et vous serez redirigés vers la page Dailymotion du film.

 


Ceux qui sont restés - 40' - Fr. - 2009
un film documentaire de Nicolas Habas
produit par Petits Bolides et l'Espace Louis Aragon
dans le cadre de la résidence
Territoire de vie Mémoires vivantes


Par Enache
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Mardi 27 octobre 2 27 /10 /Oct 18:14

La première sélection en festival vient de tomber : Ceux qui sont restés sera projeté le samedi 14 novembre 2009 à 18h00 au Ciné Duchère (Lyon 9°), dans le cadre du festival Histoires Vraies [.doc].

A cette occasion, je serai présent dans la salle pour répondre à vos questions, puis nous engagerons le débat avec Louis Lévèque (Adjoint au Maire de Lyon chargé de la politique de la ville et du logement social), Bruno Couturier (GPV Lyon Duchère), Armelle Sèvre (présidente de Robins des Villes), Arthur Novat (administrateur d'Habicoop) et Mireille Demelin (Habitat Groupé Duchère).





Le Ciné Duchère a déja accueilli La parole en chantier lors de son édition 2007. Là aussi, les photographies d'Alberto Bocos Gil accompagnaient la projection :


                        


Par Enache
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Présentation

  • : La parole en chantier
  • La parole en chantier
  • : citoyenneté documentaire politique de la ville Cinéma / TV
  • : La parole en chantier est une série documentaire qui suit le parcours des habitants de Ma Campagne à Angoulême, un quartier en pleine réhabilitation urbaine. Commencé en 2006 dans le cadre de la résidence Territoire de vie/ Mémoires vivantes, le projet devrait s’étaler jusqu’en 2012. C'est aussi la démarche d'un auteur qui s'interroge sur la fonction sociale du récit... Et d'un citoyen qui se demande comment être acteur de sa vi(ll)e.
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